Les Débuts :
En 1952 , je décide d'élaborer mes propres bouteilles de Champagne. Pour commencer, il me faut avoir un cellier, ainsi que je l'ai appris à l'école de viticulture d'Avize. Je viens donc un matin pour faire un nettoyage sérieux du cellier de mon grand-père. Mais là, tout se corse, le grand-père se fâche et me met à la porte. Têtu, le lendemain matin à 4 heures, je sors tout son matériel dans la cour... Je ne vous dis pas les réactions du grand-père ! Il accepte et je gagne. Il reconnaîtra que le cellier est désormais beaucoup mieux qu'avant.
En 1955, je décide de creuser une cave. Mon grand-père étant très malade, je suspendrai les travaux pour ne pas l'ennuyer. Il décédera quelque temps plus tard.
Ensuite, c'est le service militaire en Algérie.
En 1961, je me marie avec Émilie DECOTTE, fille de Paul et Geneviève DECOTTE (une vieille famille de vignerons de Mailly Champagne). En 1965, nous achetons la maison de ma grand-mère FRESNET.
La reprise du travaux :
Finalement, en 1966 je recommence à creuser. Comment parvenir à concrétiser mon rêve ? Une solution m'apparaît : il faut descendre à environ 12 mètres pour avoir de la craie qui ne s'éboule pas, du moins le croyais-je.
Je trouve un ancien treuil de puits dont le seau est un bidon de 30 litres. Il ne me reste maintenant plus qu'à creuser. Je descends mètre par mètre pendant 2 ans, pour atteindre les 12 mètres de profondeur. Ensuite, nous commencerons à creuser la cave. Hésitation... la craie n'est pas très solide.
Nous avons déjà creusé 3 mètres. Il nous faut faire un escalier car jusqu'à maintenant, le seul moyen de descendre est l'essor. Je pars de l'ancien escalier, fais des calculs et nous commençons à creuser vers le bas. Nous remontons la craie dans des seaux de 10 litres. L'escalier nous demande tout l'hiver.
Après un mois, je descends par l'essor pour voir ce qui se passe de l'autre côté. Je suis heureux car je perçois des voix. Nous ne sommes plus loin et le lendemain, c'est la joie, la cave de FRESNET JUILLET est née.
La cave de Fresnet Juillet est née :
Nous avons un escalier pour descendre, c'est l'Amérique ! Le courage ne nous manque pas, mais... catastrophe ! Il est environ midi lorsque tout à coup, je vois un petit morceau de craie qui tombe. Je donne l'ordre à tout le monde de remonter alors que mon rêve s'écroule ! Les bras m'en tombent, nous avons eu une chance inouïe, ni l'escalier, ni l'essor ne se rebouchent (nous aurions pu être enterrés vivants).
Je suis plusieurs nuits sans dormir. Comment faire ? Il faut voûter et je ne sais pas maçonner. Un vieux maçon de VERZY, le père GUILLEREAU vient me voir. C'est un ancien qui a fait la guerre de 14. Il me dit "Ne t'inquiète pas Gérard, je vais te montrer et après tu te débrouilleras...". Ce que j'ai fait.
En août 1967, je creuse la cour à ciel ouvert pour faire un sous-sol. Vincent vient au monde le 19 août, ce qui m'encourage à continuer.
En 1973, nous achetons la maison de notre voisine, Mme Daigremont, ce qui nous permet d'accéder à la rue de Beaumont.
La suite des travaux :
Ensuite, des mineurs me montreront la manière de creuser sans risque en étayant comme à la mine. Nous continuerons de creuser jusqu'en 1976. "120 mètres, c'est déjà pas mal !" Nous nous arrêterons alors.
En 1990, acquisition de la maison située derrière la nôtre, ce qui nous permettra d'élaborer un nouveau projet qui verra le jour en 1991. Nouvelle cuverie, nouveau pressoir (coquart 8000), dont le niveau qualitatif est indiscutable, et enfin un nouvel accueil plus convivial.
Pour la vendange 1991, tout est prêt, nous voilà équipés (accueil, cuverie, stockage des bouteilles terminées et bien sûr, nos caves). En 1994, 1995 et 1996, nous faisons de gros tirages. Les caves se font justes. 120 mètres, ce n'est pas suffisant, il faut recreuser.
Vincent décide de refaire la cave en juillet 1997. Une nouvelle ère commence. A l'aube de l'an 2000, le Champagne FRESNET-JUILLET se donne les moyens de sa qualité, pour laquelle le stock est indispensable.

